GRIMSBY – AGENT TROP SPÉCIAL
Éloge de la vulgarité
Après "Borat", "Brüno" et "The Dictator", Sacha Baron Cohen nous présente Nobby, un supporter de foot idiot qui se découvre un frère agent secret. Il nous présente surtout un spectacle régressif portant la vulgarité comme étendard, mais une vulgarité érigée au rend d’art, l’irrévérence chevillée à chaque plan. Avec sa mise en scène efficace, son scénario d’espionnage sans fioritures et son rythme qui ne faiblit jamais pendant 1h20, Louis Leterrier ("Le Transporteur", "Insaisissable") remplit le cahier des charges en termes d’action. Il propose un écrin solide dans lequel les outrances de Cohen peuvent ensuite s’exprimer à loisir.
Il serait honteux de dévoiler les meilleures scènes du film, mais que ce soit dans le pur burlesque, dans le graveleux, ou la satire, "Grimsby" explose systématiquement les compteurs de la bienséance et du bon goût. Chaque scène surpasse la précédente par son intensité comique et sa liberté de ton, les morceaux de bravoure délirants s’enchaînant, tout à la fois choquants et hilarants. C’est la grandeur du film, que de mettre en scène l’innommable et le mauvais goût sans recul, sans frein, partant du principe que c’est en ne retenant pas ses effets que la toute-puissance comique pourra mieux s’exprimer.
Pari réussi, Grimsby étant le long-métrage le plus drôle depuis des lustres, parce qu’il ne s’interdit rien en tapant sur tout le monde. Ainsi, sous couvert d’humour régressif et gras, la charge satirique est on ne peut plus réelle, moquant politiques, stars hollywoodiennes bidon, humanitarisme hypocrite, beaufs alcooliques, et j’en passe. Un scénario qui fait feu de tout bois, pour notre plus grand plaisir.
Thomas BourgeoisEnvoyer un message au rédacteur